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Conflit en Ukraine – la Province du BW peut-elle agir ?

Dernière mise à jour : 8 juin


La guerre a fait son triste retour en Europe, à 2000 kms de Bruxelles ... Mais que cette distance signifie-t-elle dans un monde globalisé comme le notre ? A titre de comparaison, l'on met en avion 2h50 pour relier Bruxelles à Kiev ... Soit la même durée que pour rejoindre Wavre à Arlon en train !


Face au drame humain vécu par le peuple ukrainien, nous ne pouvons décemment rester les bras croisés ! C'est pourquoi Olivier Vanham, Conseil provincial Les Engagés, a décidé d'interroger le Collège provincial du BW le jeudi 31 mars 2022 avec cette question simple : notre Province peut-elle agir ?

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames et Messieurs les Députés provinciaux,

Chers Collègues,


Il n’est pas dans mes habitudes d’aborder au sein de cette assemblée l’actualité internationale … Mais lorsque celle-ci dépasse le cadre de ce qui est humainement soutenable, je ne peux en tant qu’engagé en politique me retenir d’aborder ces questions, a fortiori lorsque celle-ci ont un impact jusque dans notre Province.


La crise en Ukraine nous renvoie à de sombres souvenirs. Certes pas les nôtres mais ceux de nos parents et de nos grands-parents, qu’ils nous ont légués avec l’espoir que nous pourrions contribuer à atteindre leur rêve : Plus jamais ça ! La folie de certains aura fait échouer ce rêve, certes pas directement chez nous mais dans un monde globalisé comme le nôtre, qu’est-ce que 2000 kms ?

Aujourd’hui notre pays se mobilise pour accueillir celles et ceux qui fuient cette horreur ! J’étais ainsi tout particulièrement fier d’apprendre que notre province pourrait offrir un refuge à un maximum de 8500 réfugiés ukrainiens, selon les dires du Gouverneur[1]. Avec une moyenne de 20 réfugiés à héberger pour 1000 habitants, les communes du BW ont (et auront) à accueillir ces personnes, ce qu’elles feront avec sérieux j’en suis sûr ! Le Collège a convoqué le 8 mars dernier un Conseil 27+1 pour évoquer cette crise ukrainienne et son impact migratoire puis un autre, le 24 mars, pour y aborder l’accueil des réfugiés. Pourrait-il expliquer au Conseil provincial ce qu’il ressort de cette réunion, l’état de la situation, les perspectives et les actions que la Province compte mener ?


Je ne doute pas de l’émoi suscité par le sort du peuple ukrainien auprès de chacun d’entre nous ici. C’est pourquoi j’ose espérer que la Province du Brabant wallon saura se montrer à la hauteur des attentes, car il en va de notre humanité collective.


Je vous remercie.

[1] Arnaud Huppertz, « 7 000 réfugiés pourraient être accueillis en Brabant wallon », Bruxelles : La DH/Les Sports Belgique, 15/03/2022, https://www.dhnet.be/regions/brabant/7-000-refugies-pourraient-etre-accueillis-en-brabant-wallon-622fabb17b50a639dc1c10ca, 17-03-2022, 17-03-2022.


 

Madame Sophie Keymolen : (MR)


Monsieur le Président, Monsieur le Gouverneur, Madame et Messieurs les Députés, Chers Collègues. Je vous remercie pour vos questions, qui me permettent ainsi de faire le point sur les diverses initiatives menées en Brabant wallon, à plusieurs niveaux de compétences de mes collègues Isabelle Evrard et Marc Bastin et de moi-même. Ces initiatives ont été, certes, parfois discrètes mais n’en demeurent pas moins importantes et dans l’esprit de solidarité que chacun de nous veille à mettre en oeuvre à son niveau. Pour rappel, la coordination de la gestion de la crise engendrée par le conflit en Ukraine relève, à l'échelon du territoire du Brabant wallon, de la compétence de Monsieur le Gouverneur, qui convie d’ailleurs régulièrement les communes à des réunions de 27+1, vous venez dans parler Monsieur Vanham, et je vous rappelle que chaque groupe politique y est convié, au travers de son chef de groupe, afin de faire le point sur l’évolution de la situation et sur les différentes initiatives, aides et moyens mis en place. Je tiens d’ailleurs, au nom du Collège, à remercier Monsieur le Gouverneur et ses services pour le dynamisme et les réponses apportées aux communes. Je ne doute pas que, par ailleurs, si besoin est, les informations que le Collège vous livre ce soir seront complétées par une intervention de Monsieur le Gouverneur. Toutefois, comme je l’ai dit, la Province du Brabant wallon n’est cependant pas en reste puisqu’elle veille à être complémentaire aux diverses actions menées aux différents niveaux de pouvoir. Ainsi, par exemple, dès les premières heures de la crise, nous avons réactivé « BW solidaire » via une ligne téléphonique directe pour permettre aux citoyens et tout un chacun d’obtenir des renseignements utiles et les orienter vers les différentes initiatives existantes. Nous pouvons aussi remercier chaleureusement l’Administration des Infrastructures pour sa proactivité et sa disponibilité logistique. En effet, notre service a établi un listing précis et détaillé des possibilités d’hébergements au sein de nos infrastructures provinciales en cas d’afflux massif de réfugiés. Celui-ci a été transmis directement aux services du Gouverneur qui coordonnent, comme je vous l’ai dit, l’action du Brabant wallon. Un camion et des chauffeurs ont notamment été mis à disposition pour acheminer des lits vers le site de l’ancienne Clinique du Dr Derscheid à La Hulpe, où seront accueillis des réfugiés. Le transport de dons récoltés par différentes associations actives sur notre territoire vers le Heysel a été également assuré par nos équipes. En ce qui concerne nos établissements scolaires, ils accueillent à ce jour dix réfugiés ukrainiens et les acteurs de terrain font preuve d’une grande ingéniosité pour parvenir à inclure ces jeunes réfugiés dans leurs classes, où les élèves témoignent d’une grande ouverture à l’autre. Pour les aider, la cellule pédagogique de la DA 2 a multiplié les contacts auprès de divers organismes et des écoles supérieures afin, par exemple, de trouver des interprètes en langue ukrainienne voire russe. Vous vous doutez cependant que, vu l’importante demande de ces ressources à l’échelle nationale même, il existe une importante pénurie en la matière. Toutefois, ils ont persévéré et sont ainsi entrés en contact avec une directrice d’académie et son mari, d’origine ukrainienne mais vivant en Belgique, et qui sont particulièrement enthousiastes de nous aider et d’aider bénévolement, ce dont on ne peut que les remercier. De même, la direction de l’IPFC a immédiatement réagi en s’organisant pour pouvoir mettre en place un module de « Français – Langues étrangères » à Nivelles, Tubize et Jodoigne. A Wavre, c’est l’IFOSUP qui s’en charge. Dans nos écoles, un feuillet pédagogique présentant les différents aspects du conflit de guerre et ses conséquences a été réalisé par la cellule pédagogique. En ce qui concerne la santé de ces jeunes élèves, c’est à l’ONE qu’il appartient d’organiser concrètement cet accompagnement que nous pouvons offrir à ces familles en assurant le suivi médical préventif des enfants et des futures mères. Toutefois, à notre échelon, les écoles sont tenues de prévenir les centres PSE de l’accueil d’enfants ukrainiens au sein de leur établissement. Ces PSE doivent alors rester attentifs à la rougeole (maladie qui a causé plusieurs épidémies en Ukraine), à la tuberculose (les cas rencontrés en Ukraine sont des formes assez résistantes aux antibiotiques) et agir par conséquent de manière préventive. De plus, ils sensibilisent les Ukrainiens et Ukrainiennes à la vaccination contre le Covid-19 et des dispositifs sont mis en place pour leur faciliter cet accès. Une communication a été faite aux médecins collaborant avec l’ONE par rapport à la vaccination. Le Conseil Supérieur de la Santé recommande, en l’absence de preuve de vaccination, de recommencer le schéma vaccinal entièrement. Cela est également valable tant pour les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons que pour ceux contre le tétanos, la coqueluche, l'hépatite B, la Covid etc. En matière de santé mentale, nos centres de santé mentale ont évidemment directement répondu « présents ! » bien qu’ils n’aient pas encore reçu de demande particulière à ce jour. Cependant, une réflexion est déjà entamée par rapport aux actions qui pourraient être proposées aux familles ukrainiennes qui sont accueillies ainsi qu’à leur famille d’accueil sous forme de groupes de soutien locaux, de groupes de parole, d’accompagnement psychologique et de relai dans le tissu local. Enfin, en matière d’aide à la coopération, un soutien financier a été proposé à l’association WISPA, de la zone de police de Wavre, qui lui permettra de poursuivre ses actions d’aide humanitaire d’urgence et de réponses aux besoins de dons et de leurs acheminements vers la ville roumaine de Siret. Un soutien sera également proposé au consortium « 12-12 » qui doit centraliser la solidarité tant des citoyens que des pouvoirs publics. Bref, comme vous le constatez au travers de ces quelques énoncés, vous pourrez, comme moi, voir qu’à notre humble niveau, nous avons rapidement mis en oeuvre les moyens à notre disposition pour accompagner nos communes comme nos concitoyens dans l’accueil humain et bienveillant de ces familles ayant quitté dans l’urgence leur maison, leur vie, leur pays et, soyez-en assuré, nous continuerons dans ce sens. Je vous remercie de votre attention.

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