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  • jgtylleman

Présentation du Plan Colibri et de la motion "Urgence climatique provinciale" - mon intervention.


Retrouvez ci-dessous mon intervention, en marge du vote sur la motion Ecolo sur "l'Urgence climatique provinciale" et de la présentation du Plan Colibri, présenté par le Collège MR-PS.


 

Monsieur le Président,

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames et Messieurs les Députés provinciaux,

Chers Collègues.


J’arrive devant vous avec un sentiment d’aigre-doux, deux saveurs qui vont dicter la ligne de cette intervention.


Depuis sa présentation il y a une semaine lors des Commissions, il me tardait vraiment de m’exprimer sur la proposition de résolution, portée par nos Collègues écologistes, au sujet de « l’urgence climatique provinciale ». Un document qui arrive très opportunément au moment de la présentation du fameux plan que nous attentions tous avec beaucoup d’impatience : je veux bien sûr parler du plan Colibri !


Je dois donc d’abord vous partager mon étonnement d’avoir vu cette proposition de résolution, certains diront ce catalogue d'objectifs et de mesures dénué de tout indicateur de résultats ou de mécanisme sérieux d’évaluation, arriver sur notre table le mois passé, alors que le Président du Collège avait annoncé, et parfois réaffirmé avec agacement devant mes questions persistantes, que le plan Colibri allait nous être présenté en début d’année en Commissions réunies. Je ne peux m’empêcher de penser que cet « hasard du calendrier » n’est peut-être pas fortuit dans le chef d’Ecolo et pourrait viser principalement à brouiller le débat sur le plan Colibri du Collège et sa visibilité médiatique. Que cela soit avéré ou non, nous considérons qu’il aurait été préférable de déposer une éventuelle proposition après le débat sur le plan Colibri et qui tienne compte de l’existence de ce dernier ainsi que la Charte Pep’s, sur laquelle je reviendrai ultérieurement..


Quatre ans … Il aura donc fallu quatre longues années à la Majorité MR-PS pour développer, peaufiner et finalement présenter son grand plan, annoncé en grandes pompes lors de sa Déclaration de politique provinciale, le 31 janvier 2019. Quatre années au cours desquelles les Engagé.e.s n’ont eu de cesse de demander en quoi consistait ce plan invisible, si bien caché que nous l’avions d’ailleurs rebaptisé (vous vous en souvenez tous) le « plan Hibou » ! Quand on se souvient que l’objectif premier du plan Colibri était de « rendre davantage transparent le travail réalisé par notre Institution (en matière d’environnement) », avouez que c’était loin d’être gagné !


Cela aura donc pris quatre ans au Collège provincial pour nous présenter enfin son projet. Oh bien sûr, il y a eu le Covid, mais ce n’était pas la raison avancée par le Collège pour expliquer l’absence du plan Colibri. Il se retranchait plutôt derrière le fait qu’il s’agissait avant tout d’un ensemble de mesures internes relevant de l’exécutif. En réalité, le Collège essayait de masquer le fait qu’il n’avait tout simplement pas de plan à présenter. Une stratégie d’évitement complètement contradictoire avec l'effet d’annonce voulu et largement obtenu, quand on considère tous les efforts qui ont été consentis pour mettre en avant ce plan et, ensuite, les considérants systématiques y faisant référence dans quasiment tous les textes soumis à notre vote depuis 2019 ! Osons le dire : ce plan Hibou n'a tout simplement pas existé pendant des années et, pourtant, il était censé devenir LA preuve de l’engagement provincial en faveur de l’écologie et de la lutte contre les bouleversements climatiques (pour reprendre ici l’expression de mon collègue Thierry Meunier).


Plus grave, le collège arrive avec en réalité 7 ans, je dis bien 7 ans, de retard. Car oui : en 2016, nous vous avertissions déjà sur la volatilité des prix sur le marché de l’énergie, sur l’importance de diversifier nos sources d’approvisionnement et sur la nécessité de développer des sources alternatives d’énergie dans nos communes. Malgré un vote unanime le 24 novembre 2016 de notre motion relative à la Province à énergie positive, soit Pep’s, qui s’inscrivait déjà dans la lutte contre le réchauffement climatique, et la signature dans la foulée par l’ensemble des groupes politiques représentés au Conseil, de la charte PEP’S BW 2050, que s’est-il passé au Conseil provincial suivant, le 22 décembre 2016 ? Le refus pur et simple de la majorité MR-PS de prendre en considération notre proposition de résolution visant à créer un Comité de pilotage et dans la foulée un plan d’actions digne de ce nom. Pour quel motif me direz-vous ? Et bien car cette proposition ne relevait pas de l’intérêt provincial. Oui, vous avez bien entendu. Et c’est donc cette même majorité MR-PS qui annonce haut et fort en janvier 2019 un Plan colibri. Il apparait derrière ces manœuvres que mettre en œuvre les engagements compris dans le plan Pep’s, c’était nous faire trop d’honneur. C’était à l’époque un enterrement tout à fait cynique, dans une pure logique politicienne de majorité /opposition, pour mieux pouvoir revenir avec quelque chose qui cette fois aurait la signature de la majorité. Tout ça n’est pas glorieux vous l’avouerez, et n’est pas à l’avantage de l’institution ni des habitants du BW.


Signalons par ailleurs que Collège n’est pas le seul à visiblement avoir la mémoire courte, comme la proposition de résolution d’Ecolo peut en témoigner. Elle ne fait en effet aucune mention de la Charte Pep’s BW 2050, Charte que ce groupe avait pourtant signée avec enthousiasme à l’époque. Et on peut y trouver un certain nombre d’élément remis en avant dans leur actuelle proposition de résolution. Mais bon faire du recyclage pour Ecolo c’est assez naturel.


Mais le passé est le passé, place maintenant au présent et (surtout) à l’avenir ! Nous nous réjouissons bien évidemment qu'enfin, un peu plus transparence soit faite sur l’action de la Province en matière d’environnement. Enfin, le Collège provincial nous présente son plan : un vrai plan, élaboré avec soin par une administration provinciale compétente et grâce aux bons conseils d’un consultant externe, délivrés en 2022. Fini donc le « plan Hibou », celui-ci a enfin été délogé de son nid par le colibri aux ailes rouges et bleues.


Par ailleurs, il serait malhonnête de notre part de ne pas reconnaître que le Collège, même sans l’ossature d’un véritable plan Colibri, a su avancer sur toute une série de mesures, que nous n’avons pas manqué de saluer à de nombreuses reprises (je pense notamment au projet de renforcement du maillage écologique dans notre province, aux efforts consentis dans la lutte contre les inondations ou encore à son investissement dans le projet des « forêts du Brabant », même si ce dernier ne s’est malheureusement pas conclu par un happy end). Au final, le plan actuel fixe des objectifs précis et liste une série de mesures, qui intègrent et complètent ce qui a déjà été fait tout en essayant de donner de la cohérence au tout. En fait, on a parfois l’impression que l’on passe du plan Colibri au plan Bricolo, mais après tout l’important c’est que ça marche…


A ce propos, nous sommes très inquiets au sujet de la solidité et la concrétisation des mesures que vous nous proposez : comment savoir si vos objectifs sont réalistes ou s’ils ne sont que de simples déclarations d’intention si vous ne nous fournissez pas votre plan de vol pour guider votre oiseau vers la réussite ? Il faudrait créer un Comité de pilotage, composé de représentants du Conseil, de responsables d’administration ainsi que d’associations externes indépendantes, afin de suivre l’avancement du plan. J’ai bien peur que sans cela, le petit colibri ne sorte jamais de sa coquille …


En conclusion, et parce qu’il est aujourd’hui urgent d’avancer et de saisir toutes les opportunités pour nous engager en faveur de l’environnement, nous soutiendrons à la fois le plan Colibri car il nous semble indispensable de soutenir cet engagement de la Province et de son administration dans le chemin emprunté ; et la proposition de résolution déposée par le groupe Ecolo, qui ne nous semble pas incompatible car il nous faut atteindre coûte que coûte tous nos objectifs en matière environnementale.


Nous soutenons cependant que sans mécanisme de pilotage spécifique, qu’aucun des deux textes ne prévoit, beaucoup de ces engagements ne se réaliseront pas, ou pas la manière la plus efficace.


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