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Budget provincial 2024 – Intervention Benjamin Goes


Retrouvez ici mon intervention, en amont du vote sur le Budget provincial de l'année 2024. Conseil provincial du 30 novembre 2023.

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames et Messieurs les Députés provinciaux,

Chers Collègues.


Comme le temps passe vite ! J’ai l’impression qu’hier encore je débarquais dans cette assemblée pour la première fois, prêtais serment comme Conseiller provincial, étudiais scrupuleusement mes premières propositions de résolution et me penchais sur le tout premier Budget, celui de l’année 2019, lançant le « top départ » de la législature actuelle et jetant les bases de la déclaration de politique provinciale « version 2018-2024 ».


2024, nous y voilà justement ! 5 ans plus tard, nous sommes amenés à nous prononcer sur ce qui sera le dernier « vrai » budget présenté au cours de cette mandature (car le budget présenté fin d’année ne sera que technique). 5 années au cours desquelles bien des choses ont changé, au premier rang desquelles le Covid, l’inflation galopante de l’énergie et des coûts salariaux ou encore le conflit en Ukraine. Nous sommes biens conscients que la Province n’est pas une île mais a été impactée comme tout à chacun par ces évènements, auxquels elle a fait face de manière responsable. C’était loin d’être facile mais le Collège a réussi à relever ces défis avec brio.


Un autre évènement majeur s’est également joué au niveau budgétaire : la décision prise de venir en aide financière aux communes en progressivement finançant la zone de secours jusqu’à 51% du déficit comme la précisé le Président du Collège, rabotant d’autant les moyens d’action de la Province pour ses projets propres.


Il faut rappeler que cette situation est causée par le non-respect du fédéral de financer pour moitié les zones de secours. Dans cette année électorale qui nous attend, j’espère sincèrement que chacun des partis représenté ici, à défaut de l’avoir obtenu lors de cette législature pour ceux qui sont dans la majorité au fédéral, en fera un des points de l’accord pour la formation du prochain gouvernement fédéral.


Alors ce choix a nécessité pas mal de sacrifices, que le Président avec pudeur n’a pas voulu détailler. Il m’apparaît cependant important de les citer, au moins partiellement : fini la piscine du Domaine du bois des Rêves, fini les grands projets d’investissements au Domaine d’Hélécine, abandon du projet de rénovation du bâtiment abritant le Service Résidentiel pour Jeunes (SRJ, anciennement IMP) d’Hévillers, suppression de la prime à l’adaptation du logement pour les personnes âgées, fusion des internats de l’EPM et de l’IPET de Nivelles, suppression du centre de santé mentale de Nivelles, coupe dans une série de financements qui bénéficiaient aux associations et les citoyens… L’on doit bien constater que nombre de ces renoncements ont trait au social.


On peut noter que dans certains cas malheureusement ces coupes ont tempéré l’aide financière indirecte apportées aux communes par la reprise partielle du financement de la zone de secours. Par exemple, la diminution de la dotation provinciale au CCBW a dû être compensée par les communes. Cela aurait été le cas également avec l’ISBW si nos appels insistants à revenir sur la décision de raboter aussi cette dotation n’avaient pas été entendus par le Collège.


D’autres effets d’annonce retentissant et relayés amplement par la presse se sont dégonflés : l’abandon du projet de participation citoyenne du Cube, les 10 millions d’aide en période Covid dont on a jamais eu le bilan réel chiffré, le Plan Colibri pour l’environnement, accouché au forceps il y a un an seulement et encore peu visible comme axe de politique transversal, une faiblesse que je manque pas de relever à quasi chacune des séances en commission comme vous avez pu le constater …


A côté de ces effets négatifs, l’impact du financement de la zone de Secours constituait aussi une opportunité qu’a saisie par le Collège provincial, nécessité oblige, de remettre de l’ordre dans ses budgets (et surtout ses articles millésimés), dans la gestion de son patrimoine immobilier, dans la manière de soutenir les communes, dans l’approche de la transversalité, et de repenser le fonctionnement de l’administration. Un travail courageux a été accompli et que nous ne pouvons que saluer.


Il y a aussi pas mal de réussites : en matière d’enseignement évidemment, de petite enfance, de lutte contre les inondations, de mobilité douce ou encore de culture.


Alors aujourd’hui comment envisager ce budget ?


L’image qui nous est venue en tête, c’est celle d’un paquebot qui glisse entraîné par la force de son inertie. Il n’y a plus de mazout pour le faire voguer vers des destinations de rêve, il est juste entraîné dans le courant malgré pourtant des écueils qui subsistent encore sur sa route.


En effet, malgré un budget qui permet de tenir ce cap et un certain niveau d’investissements, de nombreux signaux sont au rouge, se dressant tels de redoutables icebergs à la proue du valeureux vaisseau.


Car en effet, depuis 2019, la stratégie de la Majorité pour construire son budget n’ont, elles, pas vraiment évoluées. Je pense notamment à la capacité du Collège à entendre sans écouter les recommandations de la Cours des comptes, alertant la Province du Brabant wallon depuis quelques années maintenant des dangers liés à notre endettement. Si tout semble sous contrôle pour le moment, nous ne sommes pas à l’abri d’un emballement de celui-ci. Un constat qui prend tout son sens lorsque je lis, dans le rapport de la Cour, que « l’objectif de stabilisation des charges de la dette, recommandé dans la circulaire budgétaire, n’est pas respecté. » avec un charge d’emprunts prévus en 2024 qui s’élève à 1,7 million d’euros.


D’autant plus qu’au niveau de la balise de la charge d’emprunt, une fois les montants consolidés, la Cour des Comptes estime qu’elle sera dépassée de 32,6 millions d’euros.


Autre démonstration de la capacité du Collège à faire la sourde oreille aux conseils qui lui sont donné (mais en l’occurrence cela peut s’expliquer puisqu’il s’agit des nôtres) : votre habitude de piocher dans les fonds de réserves pour financer vos projets. Ces économies, si longuement constituées, ont fondu d’une manière alarmante ces dernières années : de 28.312.978,26 € à la fin de l’année 2018, nous sommes passés à 14.170.895,72 € en 2024 ! Un peu plus de 14 millions, soit environ 50% de notre bas de laine investis lors de cette législature.


Là où le Collège innove cependant depuis quelques temps, c’est dans sa nouvelle pratique de rationalisation des services provinciaux. Bien obligée vu les nouvelles dépenses auxquelles la Province s’est astreinte elle-même, il est évident que l’on peut optimiser l’efficacité de la Province sans pour autant maintenir un taux d’embauche élevé. Nous reconnaissons donc que pour ne toucher ni à l’impôt ni aux jobs au sein des services provinciaux, cette technique était certainement bienvenue mais elle est, malheureusement, sujette à d’étroites limites. Pour assumer ses missions, notre Institution ne peux faire autrement que de garder un minimum de personnel, sans compter la nécessité de conserver des employés motivés et désireux de transmettre leur expérience aux nouvelles têtes. La logique suivie ici a donc ses limites et je ne peux qu’avoir des inquiétudes si l’exercice de diète provincial devait se poursuivre.


Cela dit, si les craintes ici exprimées ne sont pas neuves, je voudrais tout de même ajouter une dernière chose que j’ai également déjà dû dire à maintes reprises : l’exercice auquel la Majorité s’adonne est tout sauf facile, je le sais siégeant moi-même dans un Collège communal. Et dans ce contexte, le Budget que vous nous présentez pour 2024, avec le concours de qualité de l’administration provinciale, a le mérite de la stabilité à défaut de garantir un avenir sans houle.


Je vous remercie.

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